Rat brun ou surmulot (Rattus norvegicus) au bord de l'eau

Rat dans la maison ou le jardin : comment l’identifier et s’en débarrasser

Des crottes noires de la taille d’un grain de café dans la cave, des grattements lourds dans le plafond, un trou creusé au pied du compost : le rat est l’un des nuisibles les plus redoutés, à juste titre. Plus méfiant et plus robuste que la souris, il se reproduit vite et transmet des maladies sérieuses. Voici comment confirmer sa présence, savoir à quelle espèce vous avez affaire et vous en débarrasser durablement, à la maison comme au jardin.

Rat brun ou surmulot (Rattus norvegicus) au bord de l'eau
Le rat brun ou surmulot (Rattus norvegicus), l’espèce la plus répandue en France. © Wikimedia Commons

Rat ou souris : comment les distinguer ?

Un rat adulte mesure 16 à 27 cm sans la queue et pèse jusqu’à 500 g, soit bien plus qu’une souris. Sa tête est massive, ses pattes épaisses et ses crottes atteignent 1 à 2 cm. En France, deux espèces coexistent : le rat brun, qui vit au sol, et le rat noir, qui préfère les hauteurs.

Deux espèces vivent en France, et les distinguer aide à savoir où chercher et où piéger :

  • Le rat brun ou surmulot (Rattus norvegicus) est le plus courant. Corps trapu de 20 à 27 cm, pelage brun-gris, museau arrondi, petites oreilles et queue plus courte que le corps. Il vit au sol et en sous-sol : caves, égouts, vides sanitaires, berges, terriers creusés au jardin. Excellent nageur, il peut remonter les canalisations.
  • Le rat noir (Rattus rattus) est plus fin, avec un museau pointu, de grandes oreilles fines et une queue plus longue que le corps. Son pelage va du noir au gris-brun. Très bon grimpeur, il occupe les greniers, les combles et les toitures. Il est moins répandu que le surmulot, surtout présent dans le Sud et les zones rurales.

Trois confusions reviennent souvent :

  • La souris est beaucoup plus petite (7 à 10 cm), avec de grandes oreilles rondes et des crottes de moins d’un demi-centimètre. Un jeune individu se reconnaît à sa tête déjà large et à ses pattes épaisses.
  • Le « rat taupier » n’en est pas un : c’est le campagnol terrestre, un rongeur du potager qui vit sous terre et ne s’installe pas dans les maisons.
  • Le mulot, roux avec un ventre blanc et de grands yeux, a la taille d’une souris. Il entre dans les greniers en automne, mais ses traces sont bien plus discrètes que celles d’un surmulot.

Comment savoir si vous avez des rats ?

Ces rongeurs trahissent leur présence par des crottes de 1 à 2 cm en forme de fuseau, des traces grasses et sombres le long des murs, des bruits lourds la nuit, des trous ou terriers près des fondations et du compost, et des dégâts importants sur les emballages, les câbles et le bois.

Ce rongeur laisse des indices plus marqués qu’une souris :

  • Des crottes sombres de 1 à 2 cm, en fuseau pour le surmulot, plus fines et légèrement courbées pour l’espèce noire. Une quarantaine peuvent être déposées par un seul individu chaque nuit.
  • Des traces de frottement : bandes grasses et noirâtres le long des plinthes, des tuyaux et des poutres, laissées par le pelage sur les passages réguliers.
  • Des bruits nocturnes plus lourds que ceux d’une souris : grattements, cavalcades et rongements dans les plafonds, les cloisons ou sous le plancher.
  • Des terriers et des trous de 6 à 8 cm de diamètre au pied des murs, sous les dalles, près du compost, du poulailler ou d’un abri de jardin.
  • Des dégâts : sacs et emballages éventrés, fils électriques et gaines rongés, bois et plastique entaillés, isolant arraché.
  • Une odeur forte et musquée dans les pièces fermées, et parfois des animaux domestiques agités devant un mur ou une trappe.

Faut-il s’inquiéter ? Dégâts et risques

Oui, la présence de rats doit être traitée sans attendre. Ils peuvent transmettre des maladies graves comme la leptospirose, contaminent les aliments, rongent câbles électriques, canalisations et isolants, et se reproduisent si vite qu’un couple peut donner une colonie de plusieurs dizaines d’individus en quelques mois.

Dégâts matériels

Les incisives du surmulot viennent à bout du bois, du plastique, des joints et même de certains matériaux tendres comme le plomb ou le parpaing friable. Il ronge les gaines et les fils électriques, ce qui expose à des pannes et à des départs de feu, perce les canalisations en plastique, dégrade l’isolation des combles et creuse sous les dalles et les fondations au jardin. Il gâche aussi bien plus de nourriture qu’il n’en mange, en la souillant.

Risques sanitaires

Ce rongeur est un réservoir de maladies transmissibles à l’homme. La plus connue est la leptospirose, transmise par l’urine, notamment au contact d’eau ou de sols souillés. Il peut aussi véhiculer des salmonelles et des parasites comme les puces. Les morsures restent rares, mais doivent toujours faire l’objet d’un avis médical. Portez des gants pour manipuler un piège ou nettoyer des déjections, ne balayez pas à sec, et désinfectez les surfaces souillées.

À quel point l’infestation est-elle sévère ?

Quelques crottes dans une cave ou un abri de jardin peuvent signaler un ou deux individus de passage, à traiter rapidement par piégeage. Des traces dans plusieurs pièces, des bruits chaque nuit et des terriers multiples indiquent une colonie installée. Un rat visible en plein jour est le signe d’une population importante.

  • Présence ponctuelle : traces récentes dans une seule zone (cave, garage, abri), pas de bruits réguliers. Un piégeage bien préparé et le colmatage du point d’entrée suffisent souvent.
  • Colonie installée : crottes et traces grasses dans plusieurs pièces, bruits nocturnes fréquents, terriers au jardin. Il faut combiner piégeage, boîtes d’appâtage et travaux d’étanchéité.
  • Infestation importante : individus aperçus de jour, dégâts répétés, présence dans les murs, les combles ou le réseau d’eaux usées. L’intervention d’un professionnel devient nécessaire, d’autant que le problème dépasse souvent le seul logement.

Comment se débarrasser des rats ?

Le rat se méfie de tout objet nouveau : la clé est de préparer le terrain. Le piégeage mécanique, avec des tapettes à rat d’abord posées sans être armées, reste la méthode la plus sûre. Les raticides, en boîtes d’appâtage sécurisées uniquement, servent pour les colonies installées. Sans colmatage des accès, ils reviennent.

Les tapettes à rat, avec pré-appâtage

Cet animal est néophobe : il évite pendant plusieurs jours les objets qu’il ne connaît pas. Posez d’abord les tapettes appâtées mais non armées sur ses passages, le long des murs, pendant trois à cinq jours, jusqu’à ce que l’appât soit consommé. Armez-les ensuite. Utilisez des tapettes grand modèle, nettement plus grandes et puissantes qu’une tapette à souris, et des appâts gras ou sucrés : beurre de cacahuète, lard, fruits secs, pâtée pour chat. Portez des gants pour ne pas laisser votre odeur.

À utiliser quand : dans la plupart des cas, à l’intérieur comme dans les annexes.
Ses limites : demande de la patience, un contrôle quotidien, et un placement hors de portée des enfants et des animaux, car ce type de piège peut blesser un doigt ou une patte.

Les pièges-cages et boîtes de capture

Ratières et nasses capturent l’animal vivant, tandis que les boîtes de capture sécurisées enferment une tapette dans un caisson verrouillé. Ces dernières conviennent bien aux garages, aux caves et aux extérieurs fréquentés par des animaux domestiques.

À utiliser quand : pour sécuriser le piégeage là où passent enfants ou animaux, ou pour une capture sans mise à mort.
Ses limites : un animal capturé vivant doit être relâché très loin, et la manipulation d’un animal stressé n’est pas sans risque de morsure.

Les raticides en boîte d’appâtage

Les appâts anticoagulants agissent en quelques jours, ce qui évite que les rongeurs associent leur malaise à la nourriture. La réglementation impose aux particuliers de les utiliser dans des boîtes d’appâtage sécurisées, inaccessibles aux enfants et aux animaux, avec des gants. L’appâtage permanent est interdit en France : les boîtes se posent le temps du traitement, se contrôlent régulièrement, puis se retirent.

À utiliser quand : sur une colonie installée, dans les caves, vides sanitaires, combles ou au jardin près des terriers.
Ses limites : des animaux peuvent mourir dans des endroits inaccessibles et provoquer des odeurs, il existe un risque d’empoisonnement secondaire pour les chats, chiens et rapaces, et certaines populations sont devenues résistantes à certaines molécules.

Les répulsifs et les ultrasons

Comme pour la souris, les répulsifs olfactifs et les appareils à ultrasons n’ont pas d’efficacité démontrée sur la durée. Ces rongeurs s’habituent vite aux odeurs et aux sons, et les ultrasons ne traversent ni les murs ni les meubles.

À utiliser quand : jamais comme solution principale.
Ses limites : aucune élimination, et un temps perdu pendant lequel la colonie s’agrandit.

Bien choisir son piège à rat

Pour un particulier, l’essentiel est d’avoir plusieurs vraies tapettes à rat, autour de 3,5 à 4 € pièce, ou des pièges à palette plus puissants vers 20 €. Les boîtes de capture sécurisent le piégeage près des animaux domestiques. Les raticides, de 8 à 26 € environ, s’utilisent uniquement en boîte d’appâtage sécurisée.

  • Les tapettes en bois grand modèle (environ 3,5 à 4 €) sont simples et efficaces. Vérifiez qu’il s’agit bien de modèles adaptés : une tapette à souris ne retient pas un surmulot.
  • Les pièges à palette en plastique (autour de 20 €) se déclenchent plus franchement, se nettoient facilement et s’arment sans risque pour les doigts.
  • Les boîtes de capture sécurisées, verrouillables, abritent une tapette ou un appât et protègent enfants et animaux.
  • Les raticides, en blocs paraffinés pour les lieux humides ou en pâtes très appétentes, se vendent de 8 à 26 € environ selon le format et la formule. Ils sont inutilisables sans boîte d’appâtage.

Prévoyez plusieurs pièges posés en même temps, espacés de quelques mètres le long des passages identifiés : avec un animal aussi méfiant, multiplier les points augmente nettement les chances de capture.

Pourquoi les rats reviennent ?

Les rats reviennent quand la nourriture et les accès restent disponibles : compost ouvert, graines pour oiseaux, poulailler, poubelles mal fermées, trous de plus de 2 cm ou canalisations sans protection. Un traitement arrêté trop tôt laisse aussi des survivants, et les individus des terrains voisins réoccupent vite la place libérée.

  • Des sources de nourriture au jardin. Compost recevant des restes de repas, graines tombées des mangeoires, nourriture des poules ou des animaux laissée dehors : autant d’invitations permanentes.
  • Des accès non traités. Un surmulot passe par une ouverture d’environ 2 cm. Soupiraux, passages de tuyaux, regards et canalisations sans clapet sont des portes d’entrée classiques.
  • Un traitement incomplet. Une femelle peut avoir plusieurs portées de six à huit petits par an : quelques survivants suffisent à reconstituer la colonie.
  • La pression du voisinage. En ville ou en lotissement, les rongeurs circulent d’une propriété à l’autre et via les réseaux. Sans action coordonnée, un terrain traité se recolonise.

Comment empêcher les rats de revenir ?

La prévention consiste à supprimer la nourriture accessible, à fermer tous les accès de plus de 2 cm avec des matériaux inattaquables, comme le grillage galvanisé, le mortier ou la tôle, et à protéger les canalisations par des clapets anti-retour. Un jardin rangé et sans nourriture accessible attire beaucoup moins ces rongeurs.

  • Fermez les accès : grillage galvanisé à petites mailles sur les soupiraux et aérations, mortier ou tôle autour des passages de tuyaux, bas de portes étanches, clapets anti-retour sur les évacuations.
  • Protégez la nourriture : poubelles à couvercle, compost fermé sans restes de viande ni de produits cuits, graines et croquettes dans des contenants métalliques, gamelles rentrées le soir.
  • Sécurisez le poulailler : grillage enterré, nourriture retirée la nuit, ramassage des grains tombés.
  • Rangez le jardin et les annexes : moins de tas de bois, de gravats et d’objets au sol, végétation dégagée au pied des murs.
  • Taillez les arbres et le lierre qui touchent la toiture, utilisés par le rongeur pour atteindre les combles.

En automne, ces mêmes accès servent aussi aux souris : un seul chantier de colmatage protège contre les deux.

Quand faire appel à un professionnel ?

Faites appel à un dératiseur si des rats circulent en plein jour, si la colonie occupe les murs, les combles ou le réseau d’eaux usées, ou si le piégeage n’a rien donné après deux à trois semaines. Pour une maison, comptez généralement entre 100 et 350 € selon l’ampleur de l’infestation et le nombre de passages.

Le professionnel identifie l’espèce, repère les terriers, les nids et les points d’entrée, puis met en place un traitement adapté avec des produits et des postes d’appâtage réservés aux professionnels. Plusieurs passages sont généralement nécessaires, suivis de conseils ou de travaux d’étanchéité. Pour une infestation récurrente, des contrats annuels avec visites régulières existent.

Si les rongeurs viennent de l’extérieur de votre propriété, du réseau d’égouts ou d’un terrain voisin, signalez-le à la mairie : les communes peuvent mener des campagnes de dératisation. En copropriété, prévenez le syndic, car le traitement doit couvrir les parties communes.

En résumé : se débarrasser des rats

En France, on rencontre surtout le rat brun ou surmulot, qui vit au sol et dans les sous-sols, et plus rarement le rat noir, qui occupe les greniers. On les repère à leurs crottes de 1 à 2 cm, aux traces grasses le long des murs, aux bruits lourds la nuit et aux terriers au jardin. L’animal étant très méfiant, le piégeage avec des tapettes grand modèle posées d’abord sans être armées reste la méthode la plus fiable ; les raticides s’utilisent uniquement en boîtes d’appâtage sécurisées et jamais en appâtage permanent. Le résultat ne tient que si la nourriture est mise à l’abri et les accès de plus de 2 cm fermés. En cas d’infestation importante, un professionnel (100 à 350 €) prend le relais.

Questions fréquentes sur les rats

Voir un rat dans le jardin, est-ce grave ?

Un rat aperçu au jardin, surtout près d’un compost, d’un poulailler ou d’une mangeoire, signale une source de nourriture facile. Ce n’est pas encore une infestation, mais il faut agir : supprimer la nourriture accessible, surveiller l’apparition de terriers et vérifier qu’aucun accès ne permet d’entrer dans la maison ou la cave.

Un rat peut-il remonter par les toilettes ?

Oui, c’est rare mais possible. Le rat brun est un excellent nageur capable de remonter les canalisations depuis le réseau d’égouts. Un clapet anti-retour posé sur l’évacuation empêche ce passage. Si le phénomène se répète, prévenez la mairie ou le syndic, car le problème vient du réseau.

Quel est le meilleur appât pour piéger un rat ?

Ces rongeurs préfèrent les aliments gras ou sucrés : beurre de cacahuète, lard, fruits secs, pâtée pour chat ou chocolat. L’essentiel est de laisser d’abord l’animal consommer l’appât sur un piège non armé pendant quelques jours, pour vaincre sa méfiance, avant d’armer le piège.

Que signifie un rat visible en plein jour ?

Cet animal est surtout nocturne. En voir un circuler de jour indique généralement une population importante, où les individus dominés cherchent à manger en dehors des heures habituelles. C’est le signe qu’il faut agir vite, et souvent faire appel à un professionnel.

Faut-il prévenir la mairie en cas de rats ?

Ce n’est pas obligatoire pour un problème limité à votre logement, que vous devez traiter vous-même. En revanche, si les rongeurs proviennent de la voie publique, des égouts ou d’un terrain voisin, signalez-le à la mairie, qui peut organiser une dératisation du réseau. En copropriété, informez le syndic.

Le rat noir et le rat brun se traitent-ils de la même façon ?

Les méthodes sont les mêmes : piégeage avec pré-appâtage, boîtes d’appâtage et colmatage des accès. Ce qui change, c’est l’endroit où agir. Le surmulot se piège au sol, dans les caves et près des terriers ; le rat noir, grimpeur, se cherche dans les combles et le long des poutres, où il faut placer les pièges et fermer les accès en hauteur.